Vous pouvez voir jusqu’à fin Avril mon exposition photographique « Sur mes terres » à l’ENSSIB de Lyon.

Vous pouvez visionner sur ces 2 vidéos les photos exposées :

Vidéo 1

Vidéo 2

La Photographie inspectrice de la Création
Le paysage comme genre photographique n’est pas une simple vue de la nature, mais une composition cadrée qui repose sur la posture, le maintien, l’assiette, la situation et la position du photographe. Il est aussi le résultat d’une gestualité qui s’accorde avec l’émotion ressentie et qui se répète à chaque prise de vue. Ce geste réitéré laisse une marque remarquable sur l’image – un style d’auteur – qui désigne le photographe comme le propriétaire de son espace iconique. On ne s’étonnera donc pas que nul toponyme, qu’aucun nom de pays ne figure en dessous des photographies de Robert Abraham. Adepte de randonnées solitaires en vélo, le photographe est, comme il le dit lui-même, sur ses terres, en pays de connaissance et de contemplation. L’objet de sa visée est une nature qui doit son faste et sa beauté à la culture, et plus particulièrement, aux plans qu’impose l’agriculture.

Cela se traduit tout d’abord par une géométrie des couleurs : quatre ou cinq, jamais plus, parfois moins, qui parcourent le plan de l’image et s’échelonnent selon plusieurs horizons tantôt obliques, tantôt ondulants. Ce mélange stratifié propose de véritables expressions chromatiques qui identifient la réalité qu’ils recouvrent : un bleu pur énonce le ciel, un jaune vif un champ de colza et un vert tendre l’étendue d’une prairie. Dans l’une de ces photographies, une superposition de triangles jaunes, verts et grisâtres ne serait qu’une composition abstraite si deux arbres feuillus ne venaient, par leur élan vers le ciel, donner une hauteur à cette plane géométrie. Ces couleurs, parfois chinées ou pointillées, deviennent couturières d’espaces, entrecroisent les surfaces cultivées à la manière de draperies déployées les unes sur les autres.

Les essais en noir et blanc auxquels se livre Robert Abraham n’ont pour effet que de manifester les lignes graphiques délimitées par les couleurs dans ses paysages.


Les différents tracés opérés par le travail des hommes pour s’approprier la nature décrivent des formes schématiques qui organisent, grâce à une subtile maîtrise du cadrage, les photographies en tableaux. Une route sinueuse oppose sa tonalité froide aux couleurs vives des cultures, le sillon des labours et leurs ados dessinent des courbes ombrées sur la monochromie de la terre, une rangée d’arbres dans la brume marque une limite entre la grisaille du ciel et le sol couvert de rosée. L’architecture du paysage se construit à partir de ces lignes de forces que sont des chemins de traverse, des démarcations entre plantations et guérets, des lisières, des alignements, des bordures. Faire ainsi le jeu des couleurs, c’est conférer à la photographie le pouvoir de devenir inspectrice de la création, c’est-à-dire de produire une vision intériorisée de la beauté qui résulte du travail de la terre.

Les images de Robert Abraham sont plus explicites qu’une description, car tout ce que nous aimerions dire à propos d’un beau panorama, sans pouvoir vraiment l’articuler, se trouve ici parfait en grandes lignes dans une intimité chaleureuse entre l’image et la pensée.

Robert Pujade

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